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A la découverte de l’équithérapie : Violaine Marjana nous accueille aux écuries du Laca

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En ce début de rentrée inédite, nous nous sommes rendus à la visite d’une profession tout aussi singulière que bienfaisante : l’équithérapie. Dans les prairies de Champagnier, sur les abords de l’agitation grenobloise, les chevaux broutent sous l’imposant soleil de ces premiers jours de septembre, l’équithérapeute des Crins de Soi, Violaine Marjana, nous accompagne sur son lieu de travail. Au milieu d’une dizaine de chevaux, la jeune Calypso profite des saveurs du plein air. Elle est la partenaire de soin de Violaine, et c’est ensemble qu’elles peuvent mener à bien le cheminement thérapeutique de chaque patient.

En tant que monitrice éducatrice, Violaine Marjana s’est formée à l’équithérapie à l’Institut de formation en Equithérapie en 2017-2018 pour ainsi conjuguer sa passion pour les chevaux et l’aide à la personne. Auto-entrepreneuse depuis plus de deux ans, elle travaille tantôt sur Champagnier aux écuries du Laca, tantôt à Saint- Cassien au centre équestre du Bourriquet. Son activité l’engage dans un objectif de soin et d’accompagnement auprès de ses patients. En effet, par sa douceur et son attention, Violaine a pour mission d’apporter un mieux-être et une amélioration de la qualité de vie de la personne.

Vous avez dit équithérapie ?

Ayant pour valeurs la bienveillance, le respect de ce qui nous entoure et l’écoute de l’autre, l’équithérapie est l’approche idéale pour allier trois aspirations. En effet, selon la SFE, la Société Française d’Equithérapie, cette dernière « est un soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans ses dimensions psychique et corporelle ». Elle peut s’orienter selon deux axes : le soin psychothérapeutique ou psycho-moteur. Et oui, il est bien connu – et depuis fort longtemps – que l’interaction avec le cheval est bienfaitrice. Déjà au Ve siècle avant notre ère, Xénophon, historien et philosophe grec, avait décelé en cet animal en quoi il était « un bon maître pour le corps mais aussi pour l’esprit ». Mais c’est surtout à partir des années cinquante que la dimension thérapeutique du lien homme-cheval a fait son apparition, tant par l’engagement de Lise Hartel, une cavalière danoise atteinte de poliomyélite ayant œuvré pour l’équitation handisport. Aujourd’hui, l’équithérapie est une activité qui se démocratise mais n’est malheureusement pas encore reconnue officiellement par l’Etat. Elle est ainsi légale mais pas réglementée. D’où l’importance de se tourner vers un professionnel en possession d’un diplôme officiel. Effectivement, la pratique de cette activité demande une grande conscience déontologique, tant pour l’animal que le patient.

Et c’est tout à fait le cas de Violaine. Son engagement est profond, que ce soit envers le cheval qu’envers les patients qu’elle accueille. « Je n’ai pas la prétention de guérir, nous dit-elle, mais j’ai vraiment pour objectif d’accompagner chaque personne vers un mieux-être, de permettre à chaque patient de se rendre vers la diminution de leurs symptômes physiques ou psychiques ».

Pour qui ?

L’équithérapie s’adresse à tout le monde, sans restriction d’âge ou de handicap. Mais aussi pour toute personne qui rencontre une difficulté à un moment de sa vie. Développement personnel, gestion des émotions et angoisse, amélioration de la communication… Toutes ces problématiques peuvent être travaillées via cette activité. Cependant, « Je travaille principalement avec des enfants ou des adultes porteurs de troubles neuro-développementaux (handicap intellectuel, Trouble du Spectre Autistique, Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, troubles DYS) et des adolescents ou adultes qui ont besoin d’un temps de ressourcement, pour apprendre à mieux se connaître, des difficultés à exprimer ou gérer leurs émotions ou qui rencontrent des difficultés à un moment dans leur parcours de vie (burn out, dépression, anxiété…) », nous précise l’équithérapeute. En effet, pour les enfants ayant des troubles du spectre autistique, l’équithérapie se révèle être tout particulièrement efficace. En effet, avec le cheval, « la communication va se mettre en place beaucoup plus facilement », nous indique l’équithérapeute. « Le contact avec le cheval exerce une stimulation multisensorielle : odeurs, bruits, toucher… Cette communication est non verbale, non intrusive ».

Les séances sont ainsi profondément bienveillantes. Que ce soit pour le cheval ou pour le patient, le respect doit être le maître mot. « Le but de la séance est de laisser le patient expérimenter au maximum ». « De ma place d’équithérapeute, j’observe beaucoup. Chaque séance doit tendre vers le moins d’intervention possible de ma part pour laisser le patient progresser avec le cheval ».

 

Quelle place occupe les chevaux dans la thérapie ?

« La place la plus importante ! », selon Violaine. Ce sont de réels partenaires de soin. « Ils permettent de créer cet espace symbolique, de rencontre, de parole ». Souvent, s’appuyer sur le cheval permet de sortir des impasses avec le patient. Certains peuvent avoir des défauts de communication, où la connexion avec le thérapeute peut être difficile. C’est pour cela que le cheval a une place centrale dans la thérapie. C’est un médiateur, il est toujours présent. « Aussi, il permet d’inverser les postures classiques « soignant/soigné » d’une thérapie : ici, c’est le patient qui s’occupe du cheval ».  Même, il continue d’être présent symboliquement même hors séance : le patient effectue une « intériorisation de l’objet » selon les mots de l’équithérapeute, « il remplit la personne, lui permet de faire un ancrage positif ». D’un point de vue symbolique, le cheval a une dimension importante : il ne rend pas indifférent, il représente toujours quelque chose dans l’imaginaire des gens. Ainsi, le travail de l’équithérapeute, en duo avec un partenaire de confiance, repose sur les leçons de vie qu’émane le cheval. En interagissant avec lui, l’animal nous inspire l’instant présent, la libération des émotions mais aussi la recherche du bien-être.

 

Ambre Croset

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Rédac RKS

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