A la une, Antenne, Infos

Nessé : l’artiste muraliste qui rend hommage aux hommes et femmes qui ont fait Grenoble

nesse-lartiste-muraliste-qui-rend-hommage-aux-hommes-et-femmes-qui-ont-fait-grenoble

Portrait :  Nous sommes allés à la rencontre de Jérôme Favre, de son nom d’artiste Nessé, sur un de ses lieux d’expression : le pont de l’Estacade à Grenoble. En ces après-midis d’été, nous pouvons le croiser, pinceau à la main et toujours accompagné de sa « charrette », en train de remplir d’histoires les longs murs abandonnés de la voie ferrée.

Peintre muraliste depuis les années 90, Nessé voit l’espace public comme son terrain de jeu. Murs, rideaux de fer, façades… Tous les supports sont bons pour redonner vie aux endroits grisés par l’oubli. Et, le pont de l’Estacade en est le parfait exemple. Délaissé pendant longtemps par la ville ou les entreprises du secteur ferroviaire, le pont n’a jamais fait aussi vivant que depuis que Nessé et d’autres street-artistes ont animé et coloré ces structures.

Pont ferroviaire de l'Estacade © Jérôme favre
Pont ferroviaire de l’Estacade © Jérôme favre

Sur les 1 km 4, plus de 600 mètres de mur ont été investis par des fresques qui, pour la plupart, rendent hommage aux hommes et femmes qui ont contribué au « vivre ensemble » de Grenoble. Femmes, maraichers, cheminots… Beaucoup ont travaillé, voire « trimé », pour ce qu’on pourrait appeler le « Faire société ». Comme il le dit, « chaque mètre carré a une signification », principalement sur « la vie de quartier ». C’est en cela que, par de nombreuses peintures de portraits de travailleurs, Nessé a souhaité leur rendre hommage.

Nessé, pont de l'Estacade © Ambre Croset
Nessé, pont de l’Estacade © Ambre Croset

Ce qui lui tient le plus à cœur, c’est la vie des cheminots. Ainsi, tel un vrai enquêteur sociologique, « je suis beaucoup allé traîner à la gare, discuter un peu avec les gens pour informer de ma démarche », témoigne Nessé. Le fait de peindre des visages de trimardeurs a permis de « réveiller le milieu grenoblois des cheminots ». Un d’eux, Jean Molina, cheminot qui assurait la maintenance des voies ferrées, Nessé en a souhaité célébrer son travail. En faisant appel à sa fille pour s’inspirer d’archives iconographiques, il a réussi à le représenter en situation, sur sa machine. « Je suis même allé voir dans le dépôt de la Sncf les instruments qu’il utilisait », ajoutait-il. D’une vieille photo et de quelques reliques de ses outils de travail, Jérôme Favre a accouché une nouvelle image : cette fois-ci symbolique.

D’autre part, ses œuvres, que l’on retrouve dans les quatre coins de Grenoble, ne servent pas qu’à mettre à l’honneur citoyennes et citoyens. Elles viennent aussi illuminer certains lieux, quartiers, bâtiments, et ainsi redonner du lien entre les habitants. Quand, au pied d’un immeuble, les cours sont sales, sombres, inhospitalières, la vie communautaire se fait rare. Alors, pour redonner vie et recréer l’échange, Nessé a participé, dans les années 1995 au projet Arlequin dans le quartier Villeneuve. De nombreux jeunes du quartier, graffeurs et peintres, ont contribué à cette initiative. Au final, cette démarche a été médiatrice et vectrice d’intégration au près d’habitants nouveaux, bien souvent arrivant de l’étranger.

La "charette" de Nessé © Ambre Croset
La « charette » de Nessé © Ambre Croset

Si vous êtes curieux et sensible aux messages et à la singularité que Nessé souhaite faire passer à travers ses œuvres, l’artiste vous accueille avec joie pour faire le tour des œuvres du pont de l’Estacade. Seule condition : constituer un petit groupe de 5-10 personnes. Pour le contacter rendez-vous sur son site internet.

https://www.jerome-favre.com/

Ambre Croset

0 Commentaires
Partagez

Rédac RKS

Ecrire un comentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked*