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Snek, artiste silencieux pétri par la passion

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Marc Pisicchio, alias Snek, nous a rencontré au bas de sa nouvelle fresque intitulée « Mise en garde ». Sa cinquième dans le cadre du Street Art Fest de Grenoble. L’artiste local affiche sa décontraction et sa simplicité tout en gardant les pieds sur terre.

Souriant, lunette de soleil sur le nez et casquette à l’envers, Snek est arrivé sur le spot de sa nouvelle fresque murale à 11h tapante lundi 23 juin. L’été venait de déployer ses ailes et le soleil tapait fort. Son œuvre « Mise en garde » est encore toute fraîche mais la passion pour le graffiti qui anime Snek n’est pas nouvelle. « C’est une passion, nous confie-t-il. Dès mon plus jeune âge, les lettrages et les graffitis sur les bords des autoroutes m’intéressaient énormément ». Même si cette forme d’art n’était pas encore bien reconnue, Snek n’a pas hésité à suivre ses envies. C’est en 2008 qu’il devient artiste indépendant après avoir travaillé dans l’artisanat spécialisé du métier du bois.

Dénicheur d’endroits perdus

La mine réservée mais fort d’une bonhomie, Snek devient plus loquace lorsqu’il nous décrit sa nouvelle œuvre. Dans une longue tirade, il nous dépeint fièrement sa fresque murale et nous explique sa finalité. « J’ai voulu parler des conséquences de l’humain sur la nature et de la fragilité du monde, explique-t-il. Ça reste une mise en garde d’où le nom de l’œuvre ». Le message est donc ancré dans l’actualité. D’ailleurs, pour Snek, le propre du street-art est d’interpeller le public. « Il faut des gens pour faire passer un message. C’est ensuite au public de trouver son intérêt dans chaque œuvre. » commente-t-il.

L’autre passion de Snek s’approche de celle d’un aventurier. Le Grenoblois adore dénicher des endroits perdus et peindre à l’abri des regards. Pour lui, « réaliser des fresques dans des lieux cachés peu fréquentés, c’est garder l’originalité du graffiti ». Rester quasiment invisible et tout simplement être soi-même, voici des attributs que Snek veut entretenir. « Je n’ai pas besoin qu’il y ait plein de monde ou plein de photographes » nous glisse l’artiste. Et lorsqu’on lui parle des risques que peuvent comporter de telles pratiques, Snek tranche calmement : « prendre des risques, ça fait partie du jeu du grapheur. Bien sûr ça reste dans le respect du lieu. On ne détériore jamais ».

« Pour moi avant tout »

L’artiste Snek ne se défait pas d’une distance vis-à-vis du public. « Ça reste une passion donc je ne me sens pas obligé de la mettre à la vue de tout le monde argumente-t-il. C’est pour moi avant tout ». Ce n’est pas de l’égoïsme. Seulement l’envie d’être soi-même et d’être tranquille dans son voyage avec sa passion à l’heure où tout est médiatisé à outrance et où la vie privée compte peu. « Normalement ce que l’on fait en tant qu’artiste, ça nous représente. Il n’y a pas besoin d’en dire plus » explique-t-il simplement.

Pourtant, Snek n’oublie pas que le travail est essentiel pour vivre. Il arpente avec intérêt les festivals du monde entier, fait de nouvelles rencontres et apprend au contact des artistes qui partagent son art. Par ailleurs, Snek répond aux commandes des particuliers ou des collectivités – comme dans le cadre du Street Art Fest – avec son acolyte Etien’ qui est aussi son ami. Il a d’ailleurs fondé avec lui le Mural Studio début 2019. « Il y a les festivals et le travail, résume Snek. Les festivals sont de bons tremplins pour gagner en notoriété et promouvoir son travail. On peut y réaliser quelque chose de personnel. Avec les clients c’est plus compliqué, il y a plus de contraintes. » La tête sur les épaules, Marc Pisicchio est un artiste polyvalent. S’il se produit dans la rue et dans ces refuges désaffectés, il effectue des expositions sur toile par exemple. « J’aime travailler sur tous les supports, conclut-il. Dans tous les cas je m’investi à fond dans ce que j’entreprends. »

En substance, Snek fait sa vie silencieusement et sûrement. Il met sa personne en retrait au profit de son travail, de sa passion et ne demande rien à personne

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Rédac RKS

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